LES ACTES DU FORUM SUR LA CRISE HAÏTIENNE
Résumé exécutif
Depuis plus de trois décennies, Haïti est plongé dans une succession de crises politiques, économiques et
sociales qui ont profondément fragilisé ses institutions et sapé la confiance des citoyens dans la
gouvernance. L’absence répétée d’autorités élues légitimes, les blocages institutionnels et l’instabilité
chronique ont compromis les perspectives de développement, accentué les inégalités et exacerbé la
vulnérabilité de la population face aux catastrophes naturelles, à l’insécurité généralisée et aux crises
humanitaires.
Face à cette situation, le forum de l’OIDG a été conçu comme un espace inclusif et participatif visant à
poser les bases d’un Pacte de gouvernabilité sur 25 ans. Ce pacte se veut un engagement collectif entre
acteurs politiques, société civile, diaspora, secteur privé, universitaires et partenaires internationaux pour
inscrire Haïti dans une trajectoire de stabilité et de développement durable. Les thématiques abordées
ont couvert les piliers essentiels de la reconstruction nationale : gouvernance institutionnelle et politique,
gouvernance économique et financière, inclusion sociale et participation citoyenne, sécurité et justice,
environnement et gestion des risques, ainsi que rôle de la diaspora et intégration transnationale.
Les échanges ont permis de dresser un diagnostic partagé : institutions faibles, absence de continuité de
l’État, prolifération des gangs, corruption endémique, exclusion sociale, effondrement des services
publics, fragilité économique et vulnérabilité environnementale. Toutefois, le forum a aussi mis en
lumière la richesse des forces vives du pays et la volonté de refonder le pacte social autour de principes
clairs : justice indépendante, gouvernance inclusive, transparence, équité et valorisation de la jeunesse et
des femmes.
Les recommandations issues du forum insistent sur des réformes structurelles de long terme : refonder
les institutions pour garantir l’État de droit, moderniser la fonction publique, repenser le système
électoral, renforcer les mécanismes de lutte contre la corruption, soutenir les micros et petites
entreprises, développer une gouvernance économique décentralisée et inclusive, et intégrer le numérique
comme levier stratégique. Parallèlement, la réforme du système judiciaire et la lutte contre l’insécurité
passent par une approche intégrée, combinant action sécuritaire, justice transitionnelle, réinsertion
sociale et programmes de cohésion communautaire. Enfin, la protection de l’environnement et la gestion
des risques doivent être inscrites dans une vision de durabilité inspirée des Objectifs de développement
durable.
En définitive, ce forum a posé les jalons d’un consensus national en faveur d’une gouvernance
renouvelée et durable. Le Pacte de gouvernabilité sur 25 ans apparaît comme un instrument stratégique
pour dépasser la gestion ponctuelle des crises et engager Haïti sur la voie d’une refondation
démocratique, sociale et économique. Sa réussite dépendra de l’engagement des acteurs nationaux, de
l’implication active de la diaspora et d’un accompagnement international mieux aligné sur les priorités
définies par et pour les Haïtiens.
Note de presse
L’Observatoire International pour la Démocratie et la Gouvernance (OIDG) exprime ses préoccupations concernant la méthode adoptée par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) pour la mise en place du Conseil électoral provisoire.
En effet, l’OIDG constate un manque d’ouverture et de transparence dans ce processus, ce qui constitue un danger réel pour la démocratie. Si cette tentative échoue, cela pourrait retarder les échéances nécessaires à la réalisation des prochaines élections, cruciales pour rétablir le fonctionnent normal des institutions le 7 février 2026 en dotant le pays d’élus démocratiquement choisis.
Nous appelons le CPT à assurer une plus grande inclusivité et transparence afin de garantir la crédibilité des prochaines élections et de renforcer la confiance des citoyens dans le processus démocratique en Haïti.
Ambroise Guillaume, Ph.D.
Président
Note de conjoncture
L’Observatoire international pour la Démocratie et la Gouvernance alerte l’opinion nationale et internationale sur un processus dangereux d’infiltration de membres de gangs armés au sein de la population de la commune de Gressier dans un contexte où la situation d’insécurité généralisée prend des propensions inquiétantes et où plusieurs autres communes du pays font face au même problème.
Il s’agit pour l’Observatoire d’attirer l’attention des membres du Conseil présidentiel, du Premier ministre Garry Conille et des partenaires de la communauté internationale par rapport à ce changement de stratégie des bandits armés visant à s’assimiler aux populations locales, rendant ainsi extrêmement difficile leur appréhension par les forces de l’ordre.
L’équipe de l’OIDG tient de sources bien informées que ces nouveaux procédés des bandes criminelles entrent dans le cadre d’un plan de préparation en vue de mieux affronter les forces multinationales qui devront être déployées sur le territoire national dans les prochaines semaines.
En effet, les bandes armées multiplient leurs moyens et agrandissent leur territoire d’opérations. Ainsi, les groupes de gangs dirigés par les caïds Johnson André, dit Izo 5 Segond et Renel Destina, dit Tilapli, commencent à opérer depuis la zone de Paloma à Carrefour, en passant par Mariani puis Merger pour arriver à Gressier. Nos observateurs sur le terrain ont repéré, tout au long de cet important axe de la route nationale N°2, des postes de péage informel sous leur contrôle. Ces nouveaux postes de péage informels sont venus s’ajouter à ceux déjà établis de manière formelle à Martissant et Fontamara.
À Mariani, on compte au moins trois postes de péage. Le premier à côté de l’Abattoir et les deux autres respectivement près de la station-service Total et dans la zone de Grande-Saline. À Merger, les gangsters ont installé plusieurs postes à proximité de l’École nationale de Merger, à Barrière Bodé et à Colombier. Deux autres postes sont également situés dans la zone de Garde Gens d’Armes et près du commissariat de Gressier .
En plus des droits de passage payés par les chauffeurs de transport public, les gangsters procèdent à des fouilles systématiques pour vérifier si des riverains essaient de fuir les quartiers qui sont sous leur commande.
L’Observatoire International pour la Démocratie et la Gouvernance a aussi appris que les gangs, à travers leur nouveau mode opératoire et leur infiltration au sein des populations locales, entendent créer des boucliers humains pour se protéger durant l’intervention de la force multinationale de soutien à la sécurité. Ces groupes armés, qui se veulent rassurants, demandent aux membres de la population de rester sur place, chez eux, de ne pas bouger, leur faisant croire qu’ils y sont en sécurité. Un habitant a même été kidnappé et relâché contre rançon pour l’empêcher de fuir son quartier.
Nos observateurs sur place constatent par ailleurs qu’environ 10 maisons dont 6 à Merger et 4 à Gressier appartenant à des agents de la police nationale, ont été confisquées ou pillées et incendiées par les bandits. Il est clair que ces gangs armés utilisent de nombreuses stratégies pour continuer d’exister même durant la présence de la MMSS dans le pays.
L’Observatoire International pour la Démocratie et la Gouvernance (ODIG), tient à souligner que ces informations ont été recueillies par ses observateurs sur le terrain, durant la période allant du 3 au 8 juin 2024.
Ambroise Guillaume, Ph.D.
Président
Note de Presse
L’Observatoire International pour la Démocratie et la Gouvernance (OIDG) prend acte de la récente mise en place du Conseil présidentiel de transition en Haïti. Cette évolution marque un pas significatif dans la quête de stabilité politique et sociale du pays.
L’OIDG exhorte le Conseil présidentiel de transition (CPT) à agir avec diligence et intégrité dans l’exécution de ses fonctions, notamment par la nomination d’un nouveau gouvernement. Le rétablissement de la sécurité doit être la priorité absolue du CPT et de la prochaine équipe gouvernementale, compte tenu des défis considérables auxquels les citoyens haïtiens sont confrontés quotidiennement.
En outre, l’OIDG souligne l’importance cruciale du retour à l’ordre constitutionnel à travers l’organisation d’élections libres et démocratiques. Il est impératif que la nouvelle équipe prenne toutes les mesures nécessaires pour garantir un processus électoral transparent, équitable et accessible à tous les citoyens et à toutes les citoyennes, conformément aux standards internationaux de démocratie et de gouvernance.
L’OIDG reste attentif à la situation en Haïti et continuera de suivre les développements avec un intérêt particulier pour la promotion de la démocratie et le respect des droits humains dans la région.
Ambroise Guillaume, Ph.D.
Président


